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jeudi 14 décembre 2023

Nouveautés BD: Générations plus-Suisse

Ven. 17/03/2023
Jean-Marc Rapaz
Journaliste

Pas toujours évident de s’y retrouver dans le flot des sorties en bande dessinée. Générations vous propose une sélection des dernières parutions à ne surtout pas manquer !





Complainte des landes perdues, Regina obscura, Editions Dargaud


Le risque avec ces sagas et ces différents cycles, ici le tome 3 de celui des sorcières, c’est de se perdre en chemin. Rien de tout ça avec cet album où les références ne manquent pas, certes, mais où le lecteur peut se raccrocher sans problème au récit digne des meilleurs récits de Fantasy. Et impossible de ne pas céder à des illustrations somptueuses qu’on ne se lasse pas d’admirer. Déjà un classique.





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Mar. 15/01/2019
Jean-Marc Rapaz
Journaliste

Suite de La Complainte des landes perdues et de son troisième cycle. Inferno est un superbe album qui nous emmène dès la première page... là-bas.



INFERNO

Quand le dessin vous emporte immédiatement, que l’intrigue est solidement montée, le tout ne peut être qu’un album, une fois de plus, superbe. C’est donc le cas avec Inferno où l’on assiste à un combat sans pitié entre sorcières. Entre celles qui soutiennent le bâtard Vivien et une reine démoniaque prête à tout pour mettre son fils légitime sur le trône, la pitié n’existe pas et tous les mauvais coups sont permis. Quitte à ramener sur terre le pire des malfaisants, Tête noire.

Oui, avec cette série, le fantastique vole très haut.


mardi 12 décembre 2023

C'est du livre et du bon - Québec

Regina Obscura : Le marteau des sorcières


Par Robert Laplante

Quoi de plus agréable l’été que de s’asseoir sur le sable d’une plage ou sur l’herbe chaude d’un parc, de profiter du soleil et de s’enfiler une petite saga qui nous guide vers les sombres sentiers d’un pays mystérieux et d’une époque rude. 

Mais quelle saga? Parce qu’à ce chapitre, il faut bien reconnaître qu’il y en a des tonnes. Là où le génial côtoie bien souvent le médiocre. J’en ai une séduisante pour vous  : La complainte des Landes perdues. Une épopée qui, tome après le tome, n’en finit plus de me fasciner. Et ça tombe bien, parce que le nouvel opus du règne des sorcières Regina Obscura vient tout juste d’arriver sur les tablettes de nos librairies. 

Alors, ça raconte quoi ce Regina Obscura? Hum, un peu difficile à résumer. Non pas, parce que c’est touffu et confus au contraire la narration est d’une limpidité et d’une efficacité exemplaires. Difficile à synthétiser, parce qu’il est impossible de bien la jauger si nous n’avonspas lu préalablement le 3e cycle, celui de Sioban, ainsi que le 2e : celui des Chevaliers du pardon. Deux ères qui, bien que situées chronologiquement après celui des Sorcières, sont des clés essentielles pour saisir toute la subtilité de ces Landes perdues baignées dans de mystérieuses brumes aussi anxiogènes que démoniaques. 


                                 


Au moment où vous les aurez lus, vous tomberez sous le charme de cette légende racontée avec brio par un Dufaux en grande forme et un Tillier en totale maîtrise de son trait redoutable et héroïque. Sachez seulement que l’on y trouve de puissants diables, des hommes et des femmes qui s’affrontent, s’allient et se trahissent au gré de leurs intérêts, de leurs instincts psychopathes et de leur soif insatiable de pouvoir. Cette dernière nous amène souvent à faire des rapprochements douteux et dangereux avec les plus maléfiques créatures. Vous savez celles qui sévissent dans le monde des ténèbres.


                                         


Ça faisait un bail que Tillier et Dufaux ne nous avaient pas proposé un nouveau tome des Sorcières. 4 ans plus exactement. 4 ans où on a pu quand même découvrir le 4e cycle, Les Sudenne, qui cette fois-ci suit celui de Sioban. 

Ouf, un peu mélangeant tout ça me direz-vous. Et vous avez parfaitement raison. Passer d’un round à l’autre, d’une époque à l’autre, sans ne jamais terminer le récit c’est un peu déstabilisant. Bref tout ça pour dire que pour m’y remettre il a fallu que je relise les deux premiers tomes des Sorcières. 

Mais une fois que j’ai renoué avec les enjeux, les drames, les trahisons, les révélations, les rebondissements et la trame des deux tomes précédents, j’ai pu me délecter, encore une fois, de ce cycle à la hauteur de trois autres. Même si, comme pour chaque tome de La complainte des Landes perdues, j’y ai ressenti un peu de frustration. L’insatisfaction de celui qui veut en savoir plus et qui devra encore attendre des mois avant de pouvoir goûter à nouveau à la subtilité et à l’intelligence d’un récit aussi réussi scénaristiquement que graphiquement. 

                                     


Mais l’attente est aussi un des plaisirs des grandes sagas. Surtout quand chaque nouveau cycle et chaque nouvel opus enrichit le le précédent et complexifie, tout en restant limpide et logique, le glorieux, mais dramatique passé des Landes perdues. 

Un passé plus grand que nature, qui doit beaucoup à Dufaux certes, mais aussi à Rosinski, Delaby, Teng et Tillier et à leur trait trempé dans l’angoisse, le désespoir, le fatalisme résilient et une certaine luminosité timide. Comme si l’espoir refusait de mourir devant les ombres de la nuit sans fin qui étouffent cet univers de papier parfumé aux flagrances de l’Irlande de jadis. 

Alors est-ce que Regina Obscura vaut la peine d’être lu? Oh que oui! Mais il faut quand même lire le reste de la saga avant. 

Et comme moi vous oublierez vos voisins bruyants, qui écoutent la radio trop fort, qui empestent l’huile de noix de coco et qui polluent l’air de la plage, de la forêt, de la campagne, de la ville et de la montagne avec leurs odeurs de grillades trop cuites. 

Dufaux, Tillier, La complainte des Landes perdues, les sorcières, tome 3 Regina Obscura,tome 3, Dargaud. 


lundi 25 septembre 2023

jeudi 10 août 2023

La une - Courrier Picard -31 Juillet 2023

Béatrice Tillier aime rendre beau ce qui nous entoure, elle est l’invitée d’honneur du Festival BD d’Évreux

Béatrice Tillier s’épanouit dans les univers où se combinent étrangeté, féerie et rapport de l’homme à la nature, et compte parmi les incontournables du genre. Ce qui lui vaut cette année d’être l’invitée d’honneur de la 23e Festival BD d’Evreux.les 26 et 27 août 2023.










Par Laurent Mathieu 


Débuts dans la littérature jeunesse 

Elle saute alors le pas et ses premiers émois graphiques professionnels s’épanouissent dans la littérature jeunesse. Pour les éditions Milan et Nathan, Béatrice enchaîne et alterne les illustrations de romans et de nouvelles, et la série « Les aventures de Lou et Neutron » scénariste par Maurice Guillot et publiée dans des périodiques. La bande dessinée adulte reste toutefois une obsession et elle envoie des projets à plusieurs éditeurs.

Vents d’Ouest dégaine le premier et lui propose une collaboration. « Je devais faire un essai pour un collectif et j’ai finalement reçu le scénario de « Fée et tendres Automates » de Téhy. Pour un premier album, l’éditeur pensait faire un tirage confidentiel et finalement, ça a été un carton ! » Elle a 24 ans et l’avenir ouvert. S’ensuit un album collectif autour d’Édith Piaf également chez Vents d’Ouest, et « Mon voisin le Père Noël », conte cruel et résolument adulte chez Casterman.


Rendre beau ce qui nous entoure 

Lors d’une exposition de ses planches à Mouscron en Belgique, la Lyonnaise de naissance et résidant désormais sur la Côte d’Opale, croise la route de l’immense Jean Dufaux, impressionné. « Il a aussitôt attrapé sa plume pour écrire sur mesure un scénario totalement en phase avec mon univers. » Naîtra la trilogie « Le Bois des Vierges » en 2008, récit Renaissance dans lequel Hommes et Bêtes tentent sans grand succès de vivre en paix, puis la reprise des fameuses « Complaintes des landes perdues » chez Dargaud en 2015. « Jean a bien compris ce qui m’anime. Ce que j’aime dans l’illustration, c’est la possibilité de m’éloigner du réel, de réinventer, de rendre beau ce qui nous entoure, d’enrichir mon imaginaire en m’inspirant de la nature… »,s’enthousiasme-t-elle. Sorti en mars 2023, le tome 3 du Cycle des sorcières des « Complaintes des landes perdues… » devrait se trouver en bonne place sur la table de dédicace de celle qui a créé l’affiche du prochain Festival d’Évreux dont elle est l’invitée d’honneur.

lundi 26 juin 2023

Roquebrune sur Argens

De retour de festival dans le sud !
Un superbe accueil de l'équipe de Bénévoles 
du Festival de Roquebrune sur Argens, 
mené de main de maitre par Grégoire Hacot,  
également éditeur des éditions Rayclame.

Un bel article dans Var Matin
 





La fine équipe de dessinateurs aux cotés de Grégoire :

Hugues Labiano, Dab's, Patrick Goulesque, Serge Carrère, Olivier Brazao
Jean-Claude Bauer, Miguel Díaz, Michel Rodrigue, Jean-Luc Garréra , Eric Hubsch et Moi.


Et pour couronner le tout, la médaille d'honneur de ville.



mercredi 3 mai 2023

Ouest-France

Perros-Guirec - Tréguier - La Roche-Jaudy

B. Tillier : « La fantasy me permet de m’évader »
Ouest-France Jeudi 20 avril 2023

Perros-Guirec – Autrice et illustratrice de renom, Béatrice Tillier sera l’invitée d’honneur du festival de BD de Perros-Guirec ce week-end. La passionnée de fantasy nous a accordé un entretien.


Entretien

Béatrice Tillier, qui sera l’invitée d’honneur de la 29e édition du festival BD samedi et dimanche.

Comment est née votre passion pour la bande dessinée ?

J’ai toujours été passionnée par la bande dessinée. J’en lisais beau- coup, et j’ai même commencé très tôt à en dessiner. Dès la maternelle, je m’exprimais par ce biais-là, en faisant des petites histoires illustrées pour le journal de l’école. Alors, après un bac littéraire et d’arts plastiques, je me suis inscrite dans une école d’art graphique à Lyon. C’était une évidence.

Les études, c’est une chose, mais il faut réussir à se forger un nom dans ce milieu...

À cette époque, les écoles formaient uniquement au dessin, pas aux rouages des métiers de l’édition et aux procédés pour faire publier notre travail. J’ai dû me débrouiller pour prendre contact avec des maisons d’éditions, faire un book, proposer des projets... J’ai eu de la chance sur un salon BD, où un chasseur de têtes des éditions Vents d’ouest a remarqué mon travail. Il avait dans ses tiroirs un scénario de Téhy qui ne trouvait pas de dessinateur. L’éditeur me l’a envoyé sans me dire qui était l’auteur, et j’ai fait des essais qui leur ont plu. C’est comme ça qu’est né Fée et tendres automates.


Un premier succès qui vous a conduit à reprendre le pinceau d’une série phare de la BD française aux côtés de Jean Dufaux...

Avec Jean, nous travaillions déjà ensemble sur le Bois des vierges, série pour laquelle nous avons eu quelques déboires avec l’éditeur. On se demandait comment on allait rebondir, et à ce moment-là, le deuxième tome de la Complainte des Landes perdues, illustré par Philippe Delaby, venait de sortir, et il était déjà annoncé qu’il y aurait un troisième cycle sur les Sorcières. J’ai demandé à Jean s’il avait déjà trouvé quelqu’un pour la suite, ce qui n’était pas le cas. J’ai donc proposé ma candidature, qui a été retenue.


Pour Béatrice Tillier, le dessin est un moyen de s’évader de la réalité. | PHOTO : ÉDITIONS DARGAUD


La fantasy est-elle intrinsèquement liée à votre pratique, ou vous verriez-vous en sortir un jour ?

Clairement, oui. Déjà petite, j’empruntais dans la bibliothèque familiale les albums de Moebius, de François Bourgeon, d’Enki Bilal... Si j’ai choisi de m’exprimer par la BD, c’est pour m’évader du quotidien. J’aime raconter des histoires qui permettent de dessiner des beaux costumes, des beaux lieux, des choses fantastiques et un peu irréelles. Le domaine du conte me permet tout cela. Mais j’aime quand même garder une for- me de réalisme dans mon trait. Je puise de l’inspiration dans certaines architectures réelles, dans des habits d’époque, et je fais attention à ce que mes personnages aient de fortes personnalités, qu’ils ne soient pas stéréo- typés.


Vous aimeriez tester d’autres styles que le fantastique ?

Pour l’instant, je m’y sens bien. J’avais fait une incursion dans le contemporain avec Mon voisin le Père Noël, et même si l’histoire me plaisait énormément, j’ai eu beaucoup plus de mal à dessiner le quotidien, à m’y projeter. Je ne pense pas revenir dans ces uni- vers-là, je m’y sens beaucoup moins à l’aise.

Vous êtes seulement la deuxième femme invitée d’honneur du festival de BD de Perros-Guirec : peut-on dire que le métier se féminise ?

Il y a de plus en plus d’autrices et de dessinatrices qui commencent à se faire remarquer, même si ça reste tou- jours dans un domaine particulier : les romans graphiques, les dessins de presse ou la jeunesse. En réalisme pur, j’ai un peu l’impression d’être tou- te seule dans cette niche-là, c’est un peu plus rare de croiser des femmes à ces endroits.


Mais ce qui est important, au final, c’est le résultat, pas le sexe de l’auteur ! Je pense toutefois que le milieu de la BD va se féminiser par la force des choses, parce qu’il y a de plus en plus d’autrices, de plus en plus de lectrices. Le manga a notamment permis d’attirer de nombreuses jeunes filles vers les BD, avec des œuvres créées pour un public féminin. Ce que la BD franco-belge n’avait pas fait jusqu’alors, même si c’est aujourd’hui en train de changer.

Recueilli par

Victor GUILLAUD-LUCET.



dimanche 30 avril 2023

La Loutre Masquée

Complainte des landes perdues – Regina Obscura



Une épaisse forêt, des châteaux fantomatiques, des luttes de pouvoir, des amours passionnels, des trahisons, des combats épiques à coups d’épée ou de magie noire… Tels sont les ingrédients de cette « Complainte des landes perdues ». Depuis les années 90, Jean Dufaux continue de développer cette grande saga d’heroic fantasy. Au fil des albums, le scénariste de « Murena » s’est entouré des meilleurs dessinateurs : Teng, Rosinski, Delaby…

C’est la talentueuse Béatrice Tillier qui est derrière les pinceaux depuis trois albums, et ce sont les sorcières qui sont à l’honneur. Elle avait déjà collaboré avec Jean Dufaux sur la magnifique série « Le bois des vierges ».

Autant le dire tout de suite : ce troisième tome du cycle des sorcières est un excellent cru ! On est plongé au cœur de l’action avec des intrigues parallèles, dans une ambiance cinématographique immersive et intense. Les batailles font rage et le démon Tête Noire est ramené à la vie pour assouvir les besoins de vengeance des protagonistes. On sent qu’un soin tout particulier a été apporté à l’écriture des personnages, qui ont une réelle épaisseur et sont loin des stéréotypes.

La mise en images de Béatrice Tillier n’en finit plus de nous impressionner. À première vue, son trait réaliste évoque une BD historique, mais les éléments de magie reviennent vite rappeler le caractère fantastique du récit. Les paysages d’épaisse forêt ou les décors médiévaux fourmillent de détails, et les visages des personnages sont magnifiques. À la fois beaux, élégants, sensuels et troublants, ses dessins donnent vraiment toute sa démesure à cette grande saga.



Si vous avez aimé « Le Seigneur des anneaux » ou « Game of Thrones », cette série est à dévorer sans modération !

Si vous ne connaissez pas la série, vous pouvez lire le cycle des sorcières sans avoir lu les cycles précédents (mais on vous recommande de les lire aussi !)


En bref

Série en cours (11 tomes parus répartis en 4 cycles)
Auteurs : Jean Dufaux et Béatrice Tillier
Éditeur : Dargaud

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

mercredi 19 avril 2023

Le Télégramme

Festival de BD de Perros-Guirec : 

Béatrice Tillier, la précision au service de l’imaginaire

Marie-Hélène Clam le 19 avril 2023 à 09h29




Invitée d’honneur du festival de BD de Perros-Guirec 2023, Béatrice Tillier était récemment à celui de BDécines, près de Lyon, où elle a reçu le prix du meilleur album pour « Regina Obscura », le dernier tome du cycle des « Sorcières ». (Photo Olivier Brazao)


Dessinatrice de « Fée et tendres automates » ou encore de « Complainte des landes perdues », Béatrice Tillier est l’invitée d’honneur du 29e Festival de BD de Perros-Guirec, les 22 et 23 avril.



Êtes-vous tombée dans le fantastique et la science-fiction toute petite ? Les contes, les fées, les sorcières, ça vous parle : est-ce l’imaginaire qui vous guide ?

Oui, j’allais emprunter les albums de Moebius, Druillet, Arno dans la bibliothèque de mes parents. J’étais fan de « Star Trek », dont je réinventais les épisodes en jouant avec mon frère. Les contes, c’est un bon vivier créatif. L’imaginaire, oui, le besoin de m’éloigner du quotidien, de m’évader en imaginant des mondes, en vivant d’autres vies à travers des personnages.

Auriez-vous rêvé de vivre au Moyen Âge ?

En tant que femme, pas franchement, je pense que notre époque est la moins « pire » pour notre condition, mais en observatrice invisible, cela pourrait être palpitant. C’est une époque à la frontière entre les croyances païennes et les légendes, propices au déroulement d’une bonne histoire.

« Fée et tendres automates », votre première trilogie, a reçu de nombreux prix. Vous avez eu envie de continuer vers ce type d’univers fantastique, avec « Le Bois des Vierges » ?

« Fée et tendres automates » était plus du steampunk que du fantastique, même si la féerie pointait son nez… Je m’y sens à l’aise, dans mon élément, avec des décors, des costumes que je prends plaisir à dessiner. Mon incursion dans le contemporain, même si l’histoire était très prenante (« Mon voisin, le Père Noël », avec Philippe Bonifay, aux éditions Casterman), a été un calvaire à réaliser. Je ne pense pas retenter l’expérience.

La passion du détail, la recherche de l’imaginaire sont les marques de fabrique de celle qui se définit avant tout comme une illustratrice. (Photo Béatrice Tillier)


Pour le cycle 3 de la « Complainte des landes perdues », était-ce difficile de reprendre une série après un autre dessinateur ?

J’ai proposé ma candidature pour ce cycle 3 pendant la période où « Le Bois des Vierges » cherchait un nouvel éditeur. Je l’ai fait avec la bénédiction du regretté Philippe Delaby, et la difficulté fut de ne pas trahir le travail et la qualité mis en place pour cette série. Je me suis replongée dans les deux autres cycles, même si je les connaissais déjà, pour en sortir l’essence, les intrigues, les filiations, les détails et les mécanismes. L’atmosphère, je l’ai retrouvée en utilisant l’aquarelle pour rendre les décors brumeux et humides, comme l’avaient fait Delaby et Jérémy pour le cycle 2.


Comment travaillez-vous avec vos scénaristes ? En suivant scrupuleusement le story-board ? Prenez-vous des libertés sur le physique des personnages, les décors ?

Je respecte l’intention du scénariste et le contenu du fil rouge, mais je reste maîtresse de la composition de ma page, de sa mise en scène, du jeu d’acteur des personnages, de leur choix physique approprié à leur caractère et des designs généraux. Je conçois mes albums comme un film sur papier.


On vous dit coloriste. C’est souvent une couleur qui tient le fil rouge d’une planche ou d’une séquence. C’est votre marque de fabrique ?

Je ne suis pas une coloriste : c’est un métier qui consiste à s’adapter à chaque nouveau dessinateur, à se fondre dans son style. Je me vois plus comme une illustratrice. La couleur est la « récompense » après le dur labeur de l’élaboration du crayonné et de l’encrage. C’est l’aboutissement, la cerise sur le gâteau. Je la conçois dès la création des pages, je prévois les sources lumineuses qui vont donner l’ambiance. Les personnages et les lieux ont des codes couleurs pour que le lecteur sache immédiatement à qui il a affaire et où il se trouve.

Le souci du détail dans les couleurs, un dessin fouillé, précis. 
(Photo Olivier Brazao)


Les Celtes, la Bretagne, ça vous parle ? Êtes-vous déjà venue au Festival de Perros-Guirec ?

Laurent Vicomte m’avait invitée il y a longtemps et, depuis, je reviens régulièrement. J’ai été très honorée d’avoir été choisie pour réaliser l’affiche et être exposée. J’apprécie beaucoup la Bretagne et ses mythologies, la « Complainte » y a un peu sa place.


Pratique

Festival de BD de Perros-Guirec, les samedi 22 et dimanche 23 avril, de 10 h à 18 h. Tarif : 4 € la journée, 6 € les deux jours (possibilité d’utiliser son pass culture pour les 15-18 ans), gratuit pour les moins de 12 ans. Quarante planches originales de Béatrice Tillier seront exposées à la Maison des Traouïéro. Visite commentée en sa présence samedi 22 avril, à 10 h 30.


En complément


Quelle vision portez-vous sur une certaine BD actuelle, les romans graphiques ?

C’est surtout que cela ne devrait pas s’appeler de la BD. C’est un autre type de travail, de narration qui n’est pas comparable à l’art de la bande dessinée franco-belge : un dessin abouti, une couleur narrative, un scénario comportant des règles narratives, créatif, fictif ou historique, mais documenté, transposé… et devant tenir dans un nombre de pages limitées. La plupart des romans graphiques sont souvent dépourvus d’imaginaire, autocentrés, rapidement posés sans composition, à l’état de « rough », avec des touches de couleurs parce que le noir et blanc est moins vendeur. La pagination est importante car il n’y a pas de travail de synthèse, on raconte au kilomètre et au kilogramme. Ils laissent dans leur sillage un parfum de « pas assez doué en écriture pour être romancier et pas assez bon en dessin pour être illustrateur, alors on fait du roman graphique ».

Pour moi, le roman graphique est à la bande dessinée ce qu’Ikea est à l’ébénisterie. Il en faut pour tous les goûts, mais les éditeurs ont surtout trouvé dans cette niche un moyen de produire rapidement des pavés en sous-payant les auteurs avec des « forfaits ». Si j’ai choisi de faire de la BD, c’est pour m’échapper de mon quotidien et surtout pas pour devoir le lire en image !

 
Vous êtes aussi sévère avec les prix accordés à Angoulême...

Angoulême est une vaste fumisterie, jamais un auteur humour ou jeunesse n’est récompensé, jamais le réalisme ou les couleurs ne sont mis à l’honneur. Il est dommageable pour la profession de voir que le seul moment de l’année où les médias se penchent enfin sur la BD, on présente ce genre d’ouvrages au grand public, souvent ignorant de cette littérature pourtant régulièrement en tête de toutes les ventes de livres.

Que pensez-vous de la folie manga ?

Le manga, comme le comic, c’est une autre culture, un autre concept, parfaitement maîtrisé (production addictive, animés, dérivés). Il y a de très bonnes séries et, surtout, très bien ciblées pour tous les âges et genres. Il a permis à beaucoup de se tourner vers la lecture et en cela, c’est une très bonne chose. Car certains lecteurs s’intéressent ensuite à la bande dessinée.

Quelles ont été vos grandes influences ? Quels dessinateurs admirez-vous ? Passés ou actuels ?

Moebius, Leloup, Juillard, Wendling, Ségur, Loisel, Yslaire, Vicomte… Mais le déclic a été François Bourgeon, qui m’a démontré que ma conception de ce que devait être la bande dessinée était possible et qu’on pouvait en faire son métier.

Comment définiriez-vous votre style ? Un dessin réaliste au service de l’imaginaire ? Une richesse dans les détails ?

Oui, réaliste et fouillé, précis. Il n’y a pas de place pour l’à-peu-près, tout est étudié, recherché et composé pour garder le lecteur dans une immersion totale du récit.


dimanche 16 avril 2023

CRÉABULLES


COMPLAINTE DES LANDES PERDUES Cycle 3 T3

Complaintes cycle 3 t3Cycle 3 T3 . Regina Obscura
Scénario : Jean DUFAUX
Dessin : Béatrice TILLIER
Couleurs : Béatrice TILLIER
Lettrage : Jean-Marie MINGUEZ
Dépot légal : mars 2023
Editeur : Dargaud logo
Cycle 3 - Les Sorcières
Format : Grand format
ISBN : 9782505078197
Nombre de pages : 56

Résumé de l'éditeur
Après sa défaite contre les Sorcières commandées par Sanctus, et les Aguries menées par son demi-frère Vivien, Elgar brûle de retrouver sa place légitime !
Il décide d'évincer le nouveau champion de la reine Jamaniel, sa mère, en la personne de Tête Noire, le démon qu'elle a ramené à la vie pour s'assurer la victoire.
Mais Tête Noire a d'autres desseins, dont celui de régler ses comptes avec son passé.
Oriane, quant à elle, compte bien retrouver son père en suivant la piste des cadavres qui jonchent son ténébreux chemin...Complainte des landes perdues cycle 3 t3 planche
Notre avis:
4 ans d’attente…
Pour lire la suite du combat des sorcières, des créatures vouées au mal ou au bien et des hommes dans ce monde d’Heroic Fantasy imaginé par Dufaux
Béatrice Tillier dans sa représentation de cet univers de magie, de forces et d’errances semble hantée par un pouvoir qui lui permet de représenter des lieux plus étranges les uns que les autres. 
La richesse des décors, des habits, des ambiances explique sans doute les quatre années depuis le tome 2. 
Elle donne vie d’une façon admirable, fantastique et merveilleuse à cette histoire si cruelle et tourmentée. 
La violence est atténuée par une technique qui adoucit les scènes. 
Ses personnages ont des regards si humains pour des êtres de papier. 
Une œuvre de toute beauté.
Si riche dans le trait, les détails, l’utilisation des couleurs et les scènes fantastiques de sorcellerie. 

M.Destrée

samedi 15 avril 2023

Le Télégramme • Festival de BD à Perros-Guirec : l’expo Béatrice Tillier inaugurée

Publié le 05 avril 2023 à 15h56 

Jérémy Senabre met toujours du peps dans ses présentations, cette année un abécédaire.


Ce mardi soir, l’équipe du Festival de la bande dessinée, les élus et les bénévoles étaient réunis pour l’inauguration de l’exposition de l’invitée d’honneur Béatrice Tillier et la série Pico Bogue, de Dominique Roques et Alexis Dormal.

Pour l’inauguration de l’exposition de Béatrice Tillier, qui invite à plonger dans la féerie, Jérémy Senabre, le président du festival, qui se déroulera les 22 et 23 avril, a égrainé un abécédaire à partir des lettres composant les mots « Festival BD ». Du F, comme « festival multiple », car cette édition comprendra des nouveautés, ajoutées aux rendez-vous traditionnels au D, comme «diversité », en passant par les nombreuses Expositions de la lettre E.

Pratique

Plus de renseignements sur le site bdperros.com

Une découverte en avant première qui a séduit les invités d'un jour
Une découverte en avant première qui a séduit les invités d'un jour (Valérie PASQUIERS)

vendredi 14 avril 2023

Primée !

Le week-end du 8 et 9 avril 2023 avait lieu le Festival de BDécines dans la région lyonnaise. Une surprise de taille m'attendait à ce salon :

"Regina Obscura", le troisième Opus du Cycle des Sorcières de "Complainte des Landes Perdues" a reçu le prix du meilleur album !

Merci à l'équipe menée par Patrick Thuderoz d'avoir préparé ce cadeau pour mon retour dans la région.





La veille, j'étais également en dédicace à la Librairie de mon enfance "Fantasio", à Villeurbanne.


Merci à Sophie pour les photos !




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