lundi 24 novembre 2014

Ligne claire

Complainte des landes perdues, Sill Valt, la passion de Philippe Delaby 

 Difficile de ne pas être ému en lisant ce tome 4 de la Complainte. Philippe Delaby est parti définitivement, nouvelle étoile qui brille désormais dans la galaxie du 9e Art. C’est donc un album posthume de ce brillant, convivial et perfectionniste auteur. Philippe Delaby était un homme de passion. Le tome 4 a été terminé par Jérémy, ce qui est méritoire et bien fait. Il conclue le cycle des Chevaliers du pardon. Le prochain sera signé par Béatrice Tillier avec toujours, bien sûr, l’excellent Jean Dufaux au scénario. 


 Il y a de l’animation chez les Moriganes. Saavarda est leur maîtresse et a exigé qu’on lui apporte la tête de la fée Sanctus. Sanctus a renié son statut et elle est pourchassée par les forces du mal. Sauf que le Guinea Lord chargé de la mission s’est un brin trompé. Pas contente Saavarda. 
Le Guinea Lord est blessé et se réfugie chez sa mère. Sill Valt, second chevalier du pardon, poursuit le Guinea Lord pendant que Seamus, autre chevalier, est attaqué par les hommes de Saavarda. Jeux de pouvoir, manipulations, reines et femmes de cœur et de haine, Jean Dufaux est évidemment dans son élément avec Les Complaintes. Paysages et personnages torturés par leurs sentiments, la mort est de la fête avec les chevaliers qui sont le jeu de toutes les traîtrises. Beauté fatale et pernicieuse, le drame est à plusieurs faces. Démons et sortilèges, Philippe Delaby en était le révélateur, le magicien qui leurs donnait vie. Béatrice Tillier saura reprendre le flambeau. 

Un dernier souvenir avec Philippe Delaby. Lors de la sortie du premier tome de Murena, les couleurs de la couverture sont affreuses, orangées. Quand Philippe voit que j’ai ce tirage, il a de suite demandé un exemplaire du nouveau tirage qu’il avait exigé de Dargaud. Il était vraiment en colère, m’expliquant son travail, l’inacceptable de cette couverture. Avant de me le dédicacer de nouveau souriant. C’était à Angoulême et la première des nombreuses fois où nous allions nous rencontrer. Toujours avec un vrai plaisir car Philippe Delaby était un homme investi, entier, pointilleux et très chaleureux. 

 Complainte des landes perdues, cycle II, Les Chevaliers du pardon, Sill Valt, tome 4, Dargaud, 13,99 €


Jean-Laurent TRUC