mercredi 8 avril 2015

L'Histoire du Bois des Vierges...



   Épopée féerique et cauchemardesque, Le Bois des vierges nous replonge dans l’imaginaire fabuleux des contes.
    Dans un monde où les Hommes et les Bêtes peinent à cohabiter, un pacte historique a été signé, un processus de paix qui doit mettre fin aux sanglantes querelles ancestrales…
    Le puissant Seigneur Maître Arcan et Loup de Traille, chef des Bêtes de Haute Taille, marient leurs enfants : la jolie Aube est donnée au valeureux Loup de Feu, «poils et peaux» ne doivent désormais faire qu’un. Mais le conflit entre les races est loin d’être résolu. Lorsque Loup de Feu est retrouvé sauvagement assassiné sur son lit de noces, les Bêtes de Haute Taille se jettent à la poursuite des coupables, Aube et son frère Salviat. Traquée par des meutes assoiffées de vengeance, la jeune femme parvient à se réfugier dans le mystérieux bois des Vierges… La guerre est déclarée, et les deux clans sont prêts à tout pour gagner une partie qui s’annonce meurtrière et impitoyable.

Série : Le Bois des Vierges
Éditeur : Éditions Delcourt
Collection : Hors collection
Scénario : Jean Dufaux
Dessin : Béatrice Tillier
Couleurs : Béatrice Tillier
Lettrage : Jean-Marie Minguez
Parution : Tome 1  en mai 2009
             Tome 2  en novembre 2010
             Tome 3  en mai 2013
Format : 235x312 mm
Nombre de pages : 54 pages


Les Étapes de la création


Le découpage du scénariste :
  1.  Planches par planche, avec les descriptions des lieux, des personnages, l’ambiance générale, les légendes et les dialogues. Parfois des petits commentaires pleins d’humour pour la dessinatrice. C’est à la lecture de ce manuscrit que germent toutes les images. Le film du récit se projette dans sa tête et il n’y a plus qu’à capturer les scènes les plus fortes.

Le découpage de la dessinatrice :
 cette capture se manifeste par de multiples croquis illisibles, des notes, puis des croquis plus poussés sur un carnet. Parfois un peu de couleur vient s’y glisser, des références à de la documentation, des schémas de construction de la page, les lignes fortes, le trajet d’un élément de case en case pour guider l’oeil du lecteur. On pourrait appeler cela des “pré-roughs”.

Les roughs :
 En bon anglais, cela signifie “brouillon” . On peut également nommer cette étape “Story-board”. En effet, cela va permettre de visualiser l’ensemble de l’album pour voir si la mise en scène du récit tient la route. Les croquis sont mis au propre, au format homothétique à l’album, les emplacements des bulles sont calibrés afin de placer judicieusement les éléments dans la case. Quelques valeurs au feutre viennent donner l’ambiance. C’est à ce moment que le scénariste et la dessinatrice se concertent avant la mise au propre définitive. Car il est plus aisé de modifier 10 fois un rough que de recommencer une page !!

Les recherches :
 Où nous nous mettons en quête de la documentation adéquate (architectures, costumes, animaux) histoire de se plonger dans un univers, ou découvrir de nouveaux horizons. Souvent le quart de toute cette documentation va servir. Elle est finalement là pour rassurer, se mettre dans l’ambiance et apprendre, comprendre comment tout fonctionne, pour ne pas “dessiner idiot”. Recherches crayonnées également de la galerie de personnages. Trouver leur identité, effectuer un “casting” pour fuir les stéréotypes.

Le crayonné :
 Sans doute la plus longue et douloureuse des étapes. Nous ne sommes plus dans la création, mais dans l’exécution . Il faut d’abord découper son papier, tracer les cases, les intervalles entre les cases et enfin, décalquer à la table lumineuse les roughs agrandis au format de la page. Les décors doivent être construits en perspective, les personnages placés dedans avec les bonnes proportions, puis habillés avec les bons costumes.

L’encrage :
 Après l’exécution, l’interprétation. En effet, c’est le moment de faire des choix, de privilégier un trait plus qu’un autre, sans perdre de vue ce que l’on est en train d’encrer. Pas question de repasser bêtement sur les traits. Il faut être conscient de ce que l’on encre, comme si l’on dessinait une seconde fois. les masses noires sont placées, les premiers plans sont encrés plus épais, puis les arrières-plans sont laissés au crayon afin de jouer avec la profondeur de champ et la perspective atmosphérique .

La mise en couleur :
 La récompense... cette étape va donner toute sa dimension à la planche : son ambiance, ses lumières, détacher les plans, les personnages, les mettre en valeur ou en retrait. La page est collée au ruban adhésif sur une planche en bois. Les parties devant rester blanches (tours de cases, bulles ou lumières) sont recouvertes de gomme liquide. La page est humidifiée, puis recouverte d’une tonalité d’ambiance (chaude, froide) en laissant des zones de réserve pour des tonalités différentes (un éclairage). Les ombres portées sont placées, puis les couleurs de fond des décors ainsi que leur ombre propre et enfin celles des personnages. La gomme à masquer est retirée après une nuit de séchage complet.

 Les dernières retouches sont alors effectuées : couleur qui a débordé, lumières, contre-reflets en cas d’illisibilité de certains plans. Il ne restera plus au lettreur qu’à placer les bulles par informatique sur la planche scannée par le photograveur, en suivant les indications de la dessinatrice et en y incrustant son écriture.

Au lecteur de déguster... bon appétit !